Tutta la vita davanti

7' di lettura 29/04/2021 - Entretien avec Cécile Huguenin

Après avoir été dédiée de toute évidence aux études littéraires, j’ai bifurqué vers la psychologie, car la perspective d’enseigner des « langues mortes », aussi utile que cela fût, m’est apparue à 18 ans totalement terrifiante !

Diplômée de Psycho-Pathologie, j’ai découvert à l’occasion de l’enseignement d’un de mes professeurs à Strasbourg, le potentiel inemployé, tant chez l’animal que l’être humain, et cette découverte a été le moteur et la colonne vertébrale de tout ce que j’ai entrepris. Que ce soit dans le milieu professionnel, lieu de réalisation et d’épanouissement pour peu que l’on s’en occupe, dans l’association que j’ai crée au moment de la retraite. Pendant six années j’ai, avec des partenaires locaux, contribué à aider des femmes indiennes et africaines à développer des micro-projets économiques pour sortir de la pauvreté en utilisant elles aussi leurs ressources personnelles.

L’apparition brutale et le développement spectaculaire des symptômes de la maladie d’Alzheimer chez mon mari m’ont conduite à cesser toutes activités. Ironie du sort, après avoir consacré ma vie au développement et à l’épanouissement des potentialités, j’ai dû me confronter au douloureux itinéraire de leur disparition.

Ecrire, qui a toujours été pour moi une vocation sous-jacente s’est alors révélé à moi comme la voie (de la survie ? de la résistance ? de la résilience ?).

Alzheimer, mon amour, récit traduit en plusieurs langues, dont l'Italien par Michele Peretti. (L'illustration de couverture de l'édition française a été réalisé par l'Italien Emiliano Ponzi qui lui a valu un prix dans son pays.)

La Saison des mangues est mon premier roman, publié en janvier 2015, également par les Editions Héloïse d’Ormesson, puis Passages du désir/2017.

Aujourd'hui, avec l'appui d'une bourse à la création de la région Bourgogne Franche Comté, je viens de terminer un recueil de Nouvelles, Les Imprévisibles. Sa finalisation éditoriale et sa publication feront l'objet d'un travail collectif, puisque une dizaine d'artistes vont illustrer chacun de ces textes et que j'étudie le projet de création d'une maison d'édition sous forme de Société Coopérative.

1) Trois adjectifs qui vous décrivent le mieux.
nomade - entreprenante - enthousiaste.

2) Quand êtes-vous venue à l'écriture?
j'ai toujours aimé écrire. D'abord les dissertations pendant mes études, puis les rapports de ma vie professionnelle dont mes clients disaient "on les lit toujours avec plaisir parce qu'ils sont bien écrits." Et, régulièrement des Nouvelles (mon genre préféré), parfois primées dans des concours. Mais écrire pour être publiée et entrer dans le cénacle envié des "écrivains" c'est à 71 ans avec Alzheimer mon amour !

3) Écrivez-vous tous les jours?
non, je suis trop indisciplinée.

4) Le meilleur endroit pour écrire?
"
Une chambre à soi"/Virginia Woolf.

5)Avez-vous un rituel?
un café et un cigarillo avant de me mettre au travail.

6) Que trouve-t-on sur votre table d'écriture?
un gros cahier à spirale en papier recyclable, des stylos de couleur, un ordinateur portable, le dictionnaire des synonymes.

7) Écoutez-vous de la musique en écrivant?
en écrivant La Saison des mangues Leonard Cohen/TEN NEW SONGS tournait en boucle et le TAARAB musique traditionnelle de Zanzibar pour Passages du désir. En ce moment le chant des oiseaux me suffit.

8) Qui est votre premier lecteur?
Ma fille Emmanuelle, conseillère pertinente et critique impertinente !

9) Qu'est-ce qu'une journée réussie d'écriture?
Une relecture exigeante de ce que j'ai écrit la veille.

10) Où mène la littérature?
Plutôt que de littérature, je préfère parler de Livres. Un livre est le plus beau voyage que l'on puisse faire (parole de nomade), il peut nous entraîner dans un ailleurs géographique, spirituel, dans le passé, l'avenir ou en nous même...ses bienfaits sont infinis !

11) Pour qui écrivez-vous?
Dès que j'ai su lire j'ai décidé que moi aussi je raconterais des histoires...j'écris pour ceux que j'aime, qui me connaissent et me reconnaissent dans certaines pensées, certains personnages et aussi pour rencontrer toute sorte d'inconnus !

12) À quel moment vient le titre?
pour mes trois premiers livres j'avais décidé du titre avant même de me mettre à écrire. Pour le recueil de Nouvelles j'ai attendu de les avoir toutes écrites pour trouver le titre qui les représente le mieux.

13) Les risques du métier d'écrivain?
un livre terminé n'appartient plus à l'écrivain...mais au lecteur. Le risque serait de s'attacher à ce qu'on croit avoir dit ....ou de n'avoir pas de lecteurs !

14) Ressentez-vous l'angoisse de la page blanche?
Je trouve plutôt excitant le moment où je me retrouve devant une page blanche ! Souvent d'ailleurs elle s'est déjà écrite dans ma tête !

15) Une faute d'orthographe chronique?
j'ai des démêlés avec les mots qui se terminent par un
s au singulier.

16) Les qualités d'un bon écrivain?
je ne sais pas ce qu'est un "bon écrivain", c'est longtemps après sa mort qu'on lui décerne, ou pas, ce titre. Mais comme m'a dit un jour un directeur littéraire : "un bon roman, c'est une histoire, des personnages et une écriture".

17) Écrire vous rend-il heureuse?
Doublement...je suis heureuse dans le "travail" de l'écriture, je ne suis pas une écrivaine qui souffre... et quand on aime ce que j'ai écrit. En revanche la phase "promotion du livre" est parfois pesante....

18) "Alzheimer, mon amour", "La Saison des mangues", "Passages du désir". Qu’est-ce que ces livres ont changé en vous?
"Alzheimer mon amour" m'a fait entrer dans ma 4° vie, celle de l'écriture.

"La Saison des mangues" a été reconnu et apprécié par plusieurs prix du premier roman et m'a fait entrer dans la catégorie rêvée de romancière.

"Passages du désir" m'a fait voyager à Zanzibar et explorer le territoire du désir à divers moments de la vie. Mais ce livre, qui a été qualifié par un grand journal "singulier et audacieux" m'a fait prendre conscience des "petits côtés" du monde éditorial !

19) Le métier que vous n'auriez pas aimé faire?
Comptable...même Expert.

20) Si tu pouvais parler à l'enfant que tu étais, que lui dirais-tu ?
Je lui parle souvent ! A la sortie de mon premier livre je lui ai dit : "j'ai pris mon temps, mais j'ai tenu la promesse que tu t'étais faite". Aujourd'hui j'ai envie de lui dire : "Les Imprévisibles sera le dernier écrit par moi, mais je vais me consacrer à encourager et entraîner d'autres personnes pour publier leur livre", avec mes "Editions les Oiseaux de Passage."

21) Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire?
Tu as bien travaillé, tu peux te reposer maintenant.

22) Quelle est votre devise?
Abbiamo tutta la vita davanti.


di Michele Peretti
redazione@viverefermo.it







Questo è un articolo pubblicato il 29-04-2021 alle 16:46 sul giornale del 30 aprile 2021 - 260 letture

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